Pourquoi ce roman nous a marqué.es !
Un roman initiatique qui nous amène à réfléchir sur la sous-valorisation des métiers techniques. L’autrice veut distribuer des fessées à tous ces vieux qui méprisent les jeunes inexpérimentés.
Toutes ces fessées qui se perdent contre celles et ceux qui abusent de leurs pouvoirs d’adultes, d’hommes, de patrons, de responsables, de riches, etc ! Mais la narratrice se prénomme Laetitia, qui signifie allégresse, joie débordante. Alors finalement elle ne dépense pas trop d’énergie contre les dominants, mais s’enthousiasme plutôt et jouit de ses relations avec celles et ceux qui ne bénéficient pas de tous ces pouvoirs. À commencer par tous ces jeunes apprentis de métiers techniques sous-valorisés, auprès desquels elle enseigne : « Thomas n’avait pas choisi cette orientation par hasard ou par défaut. Bien entendu, cette vie qui ne lui avait fait aucun cadeau, l’avait poussé sur cette voie dite de garage ».
Alors, elle met en mots littéraires ses observations du travail technique au-delà des clichés réducteurs du rapport à la technique : « Thomas nourrissait une véritable passion pour la mécanique, et plus spécialement les petits et gros moteurs. Non pas pour ce qu’ils génèrent de puissance, de vitesse, de bruit, mais plutôt pour **la fascination qu’exerçait sur lui l’imbrication intime des éléments entre eux***. Chaque action entraînait une autre action. Les éléments se mouvaient alors à la suite les uns des autres, les mouvements imprimés aux uns se transmettaient aux autres, l’énergie passait et ce fluide impalpable le comblait d’une joie enfantine que j’avais déjà remarquée à plusieurs reprises ».
Laetitia considère alors que cette posture d’attention, de réparation, de sensation peut s’exporter bien au-delà des objets. « Thomas aimait chercher, comprendre et avait déjà passé plusieurs heures sur ma cafetière, la démontant patiemment, la remontant, testant, écoutant, et finalement, réparant. Ce jour-là, je n’avais pu m’empêcher de penser qu’il avait de la même façon réparé mon petit corps autrefois maltraité, aujourd’hui si bien caressé. Thomas était un réparateur ».